Digitalisation fonction Finance Trustpair Livre Blanc

La digitalisation de la fonction Finance expliquée par Michele Bruno, Decathlon

Dans le cadre du livre blanc Digitalisation de la fonction finance à l’horizon 2030, Trustpair donne la parole à Michele Bruno, CFO chez Decathlon.

La standardisation de l’information au service d’une digitalisation réussie

La digitalisation consiste à passer tous les process du manuel à l’automatique avec de la robotisation, de l’automatisation. Selon Michele Bruno, plus l’entreprise est grande, plus la digitalisation est complexe. Sur une PME, mener un projet de digitalisation est très simple, mais lorsqu’ils y a plusieurs activités (retail, production, immobilier, logistique, international,etc) les choses se compliquent.

Une Direction financière multi-connectée et qui utilise plusieurs outils aura de grandes difficultés à se transformer, surtout si les outils “ne se parlent” pas entre eux. Lorsque l’information est disponible dans plusieurs bases différentes (internes, externes) se pose le problème de la comptabilité des données, et donc de la traçabilité dans l’entreprise. L’objectif de la digitalisation est d’enchaîner les données du début à la fin, pour gagner en sécurité, élaboration et exploitation de l’information.

Digitalisation de la fonction Finance

La transformation humaine, enjeu principal de la digitalisation des Directions financières

La dernière vague de nouvelles technologies est une révolution : API, robots (RPA), Intelligence artificielle. Toutes ces innovations sont superbes sur papier, mais c’est moins évident lorsqu’il s’agit de les mettre en place : avant tout il faut revoir les process de A à Z. Comme tout changement, la problématique principale de cette digitalisation est la transformation humaine : si le collaborateur n’est acteur dans le processus, et/ou qu’il ne se met pas dans le mindset du changement, alors la transformation est quasi impossible.

“Il y a 3 principales façons d’affronter la digitalisation : être acteur, être un frein ou être indécis et aviser en cours de projet. C’est pourquoi la transformation doit être humaine avant tout : une nouvelle façon de penser, de faire, de voir les choses. C’est cette transformation humaine qui consiste à rendre les collaborateurs acteur du changement.”

Chez Decathlon, il y a une vraie pédagogie à accompagner les Hommes et à leur expliquer que le métier qu’ils font aujourd’hui, n’est pas le métier qu’ils feront demain. Et les métiers de demain, nous sommes en train de les créer ensemble, mais ils ne seront remplacés par le digital dans aucun des cas.

Quelle est la clef pour une transformation humaine réussie ?

Il faut avoir une vision, donner du sens, rassurer les collaborateurs et leur expliquer le projet: où on veut aller, comment on va y arriver et surtout, quelles sont les étapes à suivre. Pour réussir, il faut réunir autour du projet des personnes fédératrices et intéressées par le changement et qui ont envie de faire avancer les choses.

La “soft skill” indispensable ? La capacité à se remettre en question perpétuellement, revoir des process de A à Z et ne pas simplement optimiser un processus déjà existant. L’objectif de la digitalisation est de pouvoir construire l’écosystème d’entreprise de la façon la plus flexible possible : ne pas considérer que toutes les informations doivent appartenir à l’entreprise, mais réussir à faire sortir la donnée, et y intégrer des données extérieures.

“Le mot d’or ? La plateformisation des données : avoir la maîtrise de ses données tout en étant capable de plugger des outils externes à l’entreprise. Plus la donnée sera standard, plus cela va être simple de récupérer une information, la traiter, l’exploiter et la valider.

L’automatisation des tâches ne remplacera pas le travail humain

“En tant que Contrôleur de gestion, Trésorier et Directeur Financier, j’ai toujours vu au-delà du simple changement. Mon rôle est d’optimiser, d’améliorer les process pour être davantage efficient et efficace. L’automatisation est une opportunité fascinante pour les acteurs de la finance.”

Le métier de comptable est-il voué à disparaître ?

“Dire que le métier de comptable va disparaître est faux. Le métier d’un comptable aujourd’hui est loin d’être le même qu’il y a 15 ans et ne sera pas le même métier dans 10 ans. Peut-être que demain le comptable n’aura plus à saisir de factures, car cette tâche sera automatisée, et qu’il utilisera le temps gagné dans du contrôle, dans de l’analyse. Le comptable fera son métier de façon différente et plus rapide, c’est une discipline qui va s’enrichir.”

Et les trésoriers dans tout ça ?

Le métier de trésorier va également s’enrichir, avec des frontières qui deviendront peut-être moins marquées entre le back-office, le middle-office, et le front-office. Les nouvelles technologies (robots, algorithmes, etc.) permettront de vérifier automatiquement les données, mais l’humain sera toujours indispensable pour valider des opérations et vérifier leur cohérence ou définir les “règles du jeu”. Les métiers vont évoluer, les instruments vont évoluer, mais les processus seront continuellement optimisés sous l’impulsion de l’humain.

Conclusion

La refonte des process de A à Z et la standardisation de l’information sont la clé de voûte de la digitalisation. Il ne faut pas s’arrêter aux process existant, il est nécessaire de savoir se remettre en question et parfois ne pas avoir peur de revoir les process de zéro. Egalement, il faut “réfléchir” de la manière la plus simple possible pour rendre l’information fiable, facilement disponible et exploitable et construire des process agiles.

Pour en savoir plus sur la digitalisation de la fonction Fiance, découvrez l’interview de Sami Jlaiel, Manager Finance & Performance chez Wavestone.

Digitalisation de la fonction Finance

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